site en construction / english version under construction... Matt Coco
Cette recherche autour de l’image, du processus narratif et de la construction d’une histoire, se nourrit également de collaborations avec d’autres artistes. Avec la photographe-vidéaste Aurélie Haberey ont été réalisées quatre vidéos et une performance playtime_panorama durant la Biennale d’Art Contemporain de Lyon 2007 à l’Epicerie Moderne de Feyzin.
Vidéos
A travers la vidéo, la construction des films nous permet d’expérimenter le travail de montage, de choisir ce qui est donné à voir et ce qui est à imaginer par le champ et le hors champ et de comprendre ce qui amène à la naissance d’une intrigue.
(le loup) - vidéo numérique couleurs - son - 8'31 - 2008
Cette vidéo est la seule à mettre en place une fiction à l'intérieur d'une installation.
A l'instar des vidéos précédentes, (le loup) ne propose pas de dénouement particulier, simplement un temps (suspendu?) d'observation sur ce qui est donné à voir.
Une forêt qui tient lieu davantage du factice, du décor, contient d'étranges personnages, humains ou non, qui la traversent et jouent avec ses particularités.
Une petite musique douce, un carillon, lancinante et irrégulière, rythme les scènes.
Le rapport à un scénario possible est accentué par la présence du panoramique, faisant référence à l'écran de cinéma; mais aussi à une boîte qui servirait à cacher le spectateur.
(drive in) - vidéo numérique couleurs - son - 3'25 - 2007
A partir d’éléments classiques de la représentation, cette vidéo s’inscrit dans une mise en place de déroulement proche de l’image clichée des films dits à suspens.
Deux personnages sont filmés en alternance dans un même espace. Ce dispositif d’articulations confuses crée des moments de tensions, d’intrigues sans autre dénouement que le réel représenté. Le spectateur est ainsi renvoyé à lui-même, à la place qu’il occupe et à ce qui lui est étranger.
(le bal) - vidéo numérique couleurs - son - 7'31 - 2006
Cette vidéo met en scène de façon minimaliste une course dont on ne perçoit que les turbulences des plis d’une jupe. L’image se veut énigmatique : aucune indication n’est donnée sur le personnage, le lieu, et le temps de l’action; les plans sont essentiellement serrés, saccadés, inconstants. Le montage multiplie les coupes brutales.
Le tissu, derrière lequel se cache un corps, devient une surface de projection pour le spectateur. Aussi, dans un jeu de désynchronisation et de synchronisation avec l’image, la bande sonore crée progressivement une tension.
La présence de chants d’oiseaux, de bruitages et d’un extrait de chanson théâtralise l’ensemble.
Ainsi, cette vidéo met en exergue des interrogations sur les mécanismes sonores et visuels et sur le pouvoir fictionnel qui se dégage de cette combinaison.
(in my hair) - vidéo numérique couleurs - son - 8'32 - 2005
Au fond d’un couloir, debout contre un mur, une femme détache ses cheveux.
C’est le point de départ de ce monologue silencieux dans lequel elle met en place une image fantasmée de son corps. Elle utilise des ballons et joue à s’inventer des formes. Vêtue d’un débardeur et d’une culotte épaisse, elle est le seul personnage du film.
La caméra est frontale et fixe. La qualité de l’image rend le contour du personnage incertain. L’alternance des scènes où la lumière est tantôt artificielle tantôt naturelle, ponctue l’action et induit des temps différents.
L’agencement non chronologique des plans crée l’ambiguïté quant au temps réel de l’action. Parallèlement un enregistrement sonore relie ces ruptures temporelles.
Performance
Ce travail de collaboration a donné lieu à une résidence commune à Astérides jusqu’en août 2009. Nous y élaborons actuellement deux pièces : une performance qui est un nouveau volet de Playtime ; une vidéo Ce n’est pas une bonne nuit pour une personne comme vous construite autour des principes du cinéma muet.
L’atelier de résidence devient un plateau de tournage et d’expérimentation essentiel.
La performance, comme la vidéo, s’articulent autour de trois éléments : une image murale pixellisée dessinée en grand format à la craie, du mouvement, et une bande sonore. Notre travail en résidence nous a amené à confronter ces trois espaces distincts, en y introduisant deux notions importantes : l’indépendance de chacun ; le hasard dans leur rencontre.
Playtime
Playtime est un est terme générique qui désigne un ensemble de performances.
Playtime est à l’image d’un cinéma primitif qui décortique les composantes filmiques : image, corps, son. Elles deviennent trois espaces physiques aux dimensions variables dans lesquels il s’agit de se projeter, de se mouvoir et de construire un récit. Leur séparation créée leur autonomie et ce sont les points de rencontres et d’éloignement qu’il est question d’impulser.
Chaque performance est différente : nouveau visuel, nouvelles géographies de lieu, nouvelle gestuelle et bande son.
Le lieu de représentation a une influence sur la nature de chaque composant.
IMAGE MURALE
La photo est choisie pour des critères de profondeur de champs, d’échelle, de décors.
Pixellisée, elle se décompose en une série de points insignifiants.
Reproduite en grand format à la craie blanche sur un mur noir, elle prend le statut d’espace pouvant contenir une action.
Il s’agit d’interroger la forme et l’informe qui mène à l’interprétation de l’image. Elle est un mystère sans dénouement. Ainsi c’est la capacité à voir et à représenter la réalité, en tant que spectateur, qui est remise en question.
CORPS
A la fois outils et définition de l’espace.
Les gestes agissent directement sur le visuel pour le réactiver.
La gestuelle appartient à l’imagerie du cinéma. Cette partie de la performance s’appuie sur un travail de recensement de postures et de répétitions.
Ce répertoire de poses vient se superposer au reste de manière fortuite. Le choix des postures est concerté mais leur apparition aléatoire.
Le corps repousse et remet sans cesse en jeu le cadre de représentation, la limite de ce qui est donné à voir.
BANDE SON
Un artiste est invité à élaborer une bande sonore à partir du visuel pixellisé.
Cet espace établit un lien fictif et fortuit avec les deux autres éléments.
Cette vue non littérale qui se mélange au corps réactive l’image et produit sa continuation.
A la fin de la performance, il ne reste plus que le dessin mural modifié. Laissé comme trace de ce moment éphémère que constitue la performance, il conserve une autonomie comme représentation à part entière. Sa modification laisse supposer une action arrêtée comme une bande filmique en suspend et matérialise le passage d’un plan à un autre. Il est ce qui transite et demeure infixé ou infixable.
performance playtime_panorama durant la Biennale d’Art Contemporain de Lyon 2007 à l’Epicerie Moderne de Feyzin.
La première performance a été réalisée à l’occasion du vernissage de La vitrine, exposition collective de Matt Coco et d’Aurélie Haberey à l’Epicerie Moderne à Feyzin le 20 septembre 07.
Elle se composait d’un visuel reprenant une vue extérieure du bâtiment du lieu, d’une série d’actions ainsi que d’une bande son réalisée en live. Prenant en compte les particularités du lieu et de l’ensemble des œuvres exposées, la performance s’interrogeait sur l’espace de monstration, le champs et le hors champs et représentait l’amorce d’un récit possible.